mercredi 29 janvier 2014

La subjectivité des témoignages

Si vous êtes fan de séries télé policières classiques, mettant en scène des détectives, vous verrez que tout se base sur des témoignages. Tout le monde témoigne et raconte ce qu'il a vu. Bien entendu, le détective met bout à bout tous les témoignages, en suivant bien entendu certaines régles (encore que l'on puisse parfois discuter du bien fondé de sa logique), et confond le coupable. Tout finit bien. Mais la réalité est toute autre...


Les sciences forensiques

Depuis Bertillon, les policiers s'appuient sur des preuves scientifiques pour rechercher la vérité et retracer les évènements qui ont abouti au crime.
En 1870, Bertillon fonde le premier laboratoire de police. Sa technique se base sur "l'anthropométrie judiciaire" pour l'identification des criminels. Comme sont nom l'indique anthropométrie se base sur les mesure des corps humains pour identifier les individus. Bertillon recense 14 mesures pour "ficher" un individu. Il invente la photographie Face/Profil et tous ceux qui sont fans de séries télé américaine peuvent constater que ce système est encore en vigueur de nos jours. Le système ne fonctionne bine entendu que pour les récidives, puisque l'individu doit avoir été arrêté une fois pour que l'on puisse le ficher...
Pour compléter son identification, Bertillon ajoute les empreintes digitales sur les fiches de caratérisation des individus. La police scientifique est née. Les criminels sont fichés, et si l'on se réfère aux passeports biométriques actuels, on ne fait qu'augmenter la technicité de la chose, mais le principe reste identique. Le seul détail nauséabond, c'est que désormais, tout individu est fiché innocent ou criminel...


Les limites des sciences forensiques

Le véritable problème, c'est que les moyens nécessaires pour mettre en oeuvre ces techniques sont excessivement onéreux. De plus, des empreintes digitales ne prouvent rien pas plus que de l'ADN.
Si on retrouve de l'ADN sur une scène de crime, le criminel a pu l'apporter pour brouiller les pistes...
La lutte police - criminels ne se joue pas sur le plan technique, elle se joue sur le plan de l'imagination.
A chaque technique, sa contre-mesure...
Le vol des livres dans les bibliothèques a conduit à l'apparition de portiques et les livres sont "pucés" (on met une puce à l'intérieur qui sonne en passant le portique). Les indélicats achètent des chemises pour porteurs de PeaceMaker, renforcées d'un treillis métallique et passent les portiques sans le moindre souci (il s'agit d'une cage de Farraday). Un carton à dessin tapissé de feuilles d'alu ménager permettra de sortir des disques.
Bref, la technique ne permet pas de découvrir le coupable. Il s'agit simplement d'une lutte mesures / contre-mesures.
Une émission de Pierre Bellemare, "les enquêtes impossibles" montre bien les limites de ce système. C'est l'enquête de terrain qui démasque le coupable. Les faits scientifiques sont là pour apporter les preuves qui permettent de confondre l'individu, mais à de rares exceptions près, l'inverse n'est pas vrai.


Un exemple parlant et assez horrible (âmes sensibles, évitez ce chapitre)

Au cours de ses émissions, Pierre Bellemare raconte l'histoire d'un individu brutal et violent qui a une maitresse et dont la femme souhaite divorcer (parce qu'elle a appris l'existence de ladite maitresse, bien sûr). L'homme cédant à ses instincts primaires frappe violemment sa femme (il ne veut pas qu'elle divorce) et la tue en la rouant de coups. Puis il appelle sa maitresse et devant elle, à l'aide d'une pompe à graisse, il remplit les orifices de sa femme de graisse (comprenez TOUS les orifices), prend un bidon métallique, de l'essence, transporte le tout à coté de la rivière avec son pick-up, se place sous un arbre, place le corps de sa femme dans le bidon et verse sur elle de l'essence de sorte que le bidon soit à moitié rempli. Ensuite, il enflamme l'essence.
Les températures produites au cours d'une telle exécution sont telles que le corps est presque totalement consumé et les restes sont tellement déformés qu'ils ne sont plus identifiables. Les empreintes dentaires, les cicatrices, les accidents (os brisés, etc...) ne sont plus visibles.
Le lieu de la crémation est choisi aléatoirement. Rien ne relie l'homme et le crime.
L'enquête durera des mois. Le coupable dira à tous que se femme s'est enfuie et tentera de se faire passer pour une victime, tout en disant que si un jour il remettrait les mains sur sa femme, il lui ferait payer sa conduite. Aucune preuve ne pût conduire vers lui, même si tout le monde se doutait bien de ce qui avait pu se passer.
Pourtant, il fut arrêté et condamné. Non pas grâce à la science, mais bel et bien grâce à la dénonciation de sa maitresse qui après avoir été complice de tels actes de barbarie avait eu peur pour sa propre vie. Il faut aussi dire qu'aux Etats-Unis, on peut négocier sa peine si on témoigne contre le coupable.
Leur système est basé sur la théorie des jeux, mais nous reviendrons sur ce sujet mathématique dans un autre billet.
Bref, sur la base du témoignage de la maitresse, les policiers retrouvent l'endroit de la crémation. Aucune trace ne subsiste, sauf un cercle brûlé au sol et des traces d'hydro-carbures et de graisse dans la terre et sur les feuilles des arbres, ce qui corrobore qu'une crémation a bien eu lieu à cet endroit.... mais rien de plus. Rien ne lie le coupable, la victime et un meurtre...sauf le témoignage de la maitresse.
L'homme est donc arrêté, mais vu la faiblesse des preuves, il échappe à la peine de mort, obtient une peine réduite de prison et sa maitresse doit suivre le programme de protection des témoins car elle est menacée de mort par son amant. Les experts et autres policiers scientifiques peuvent aller se rhabiller : ils n'ont rien de concret à fournir à la justice...
Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres et je l'ai choisi pour la barbarie particulière des faits qui montrent qu'un monstre peut se jouer de la justice humaine. Et encore : il aurait pu s'enfuir et échapper même à sa peine de prison....
Par contre, qu'est ce qui prouve que le témoignage de cette femme est sincère ? Certes, vu les circonstances, on se doute que c'est l'exacte vérité, mais sur le plan de la logique, rien n'est certain dans cette affaire. On travaille au pifomètre et aucune preuve sérieuse ne relie tous ces éléments.


Au bout du compte, que faut-il en penser ?

L'exemple ci-dessus n'est qu'une illustration destinée à montrer que la police scientique ne trouve pas le coupable : elle peut tout juste corroborer l'enquête de terrain et fournir des preuves, à l'accusation comme à la défense d'ailleurs. Comme toujours le reste est une affaire d'humains. Nous sommes toujours dans l'interprétation des faits. Je vais prendre un exemple pour l'illustrer.
Il y a quelques années de cela, un fait divers avait défrayé la chronique : le plafond d'une église était tombé sur les fidèles durant l'office dominical, tuant la moitié des personnes présentes.
L'Humanité, journal anti-clérical avait fait son gros titre sur le fait qu'ils auraient mieux fait de profiter de leur dimanche pour se reposer comme tout bon travailleur et la Croix, journal catholique avait annoncé : un miracle, la moitié des fidèles échappe à la mort.
Les deux interprétations sont acceptables. Les faits sont connus, ce qui change, c'est leur interprétation.
Les humains aiment la sécurité. Le fait de penser que la justice rend une véritable justice les rassure. Pourtant une fois confrontés à elle, les choses ne sont plus aussi manichéennes...
Commes les preuves scientifiques ne sont pas probantes, on se fie encore et toujours aux témoignages. Et les témoignages sont .... subjectifs.
La boucle est bouclée : nous ne vivons pas dans un monde de certitudes. Nous nous déplaçons dans un chaos ambiant qui est constitué d'une foultitude de paramètres. Bref, c'est la théorie du chaos généralisée. La encore, nous reviendrons à cette notion de théorie du chaos dans un autre billet.
Revenons à nos témoignages.


Une expérience probante

Encore une expérience ? Oui, la physique montre qu'on ne peut être sur du résultat d'une théorie qu'en en faisant l'expérience. Une branche de la physique ne s'occupe d'ailleurs que de cela : la zététique.
Les mêmes causes produisent elles les mêmes effets ? Si oui, on montre le déterminisme d'une chose. Jetez un objet lourd en l'air : il retombera quoi que vouliez qu'il fasse. Ce n'est pas votre volonté qui le guide, mais les lois de la physique. Même causes, mêmes effets. Par contre, si une seule fois, un objet lourd lancé en l'air ne retombait pas, tous les autres paramètres étant identiques, cela voudrait dire que la loi de la pesanteur est fausse. Avouons-le ce serait assez extraordinaire et les scientifiques s'interesseraient surtout à la quantité d'alcool ingérée par l'expérimentateur ou aux matières illicites qui rendent gai absorbées par celui-ci avant de valider un tel résultat...
Revenons en à notre expérience. Etant coulrophobe (j'ai une peur panique irraisonnée des clowns), cette expérience me fait froid dans le dos, mais il parait que cette phobie est assez rare....

Un prof de fac entre dans l'amphi et commence son cours.

En plein milieu du cours, déboule un clown qui fait le pitre puis tire à deux ou trois reprises sur le professeur, heureusement sans le toucher...
Tout le monde est stupéfait, professeur y compris. Quelques minutes après la police arrive et prend les dépositions des témoins sur un questionnaire... 
Taille du suspect, poids présumé, costume, nombre de coups de feu, enchainement des faits, etc... tout y passe.
Une fois les dépositions achevées, le masque tombe : tout celà n'est qu'une mise en scène.
Le clown est un professeur de la fac, les balles sont des balles à blanc, les policiers sont des faux policiers, l'intervenant qui faisait le cours est l'instigateur de la chose.
Blague de potache ? pas du tout....


La clé de l'expérience

En fait, les réponses au questionnaire sont la clé de cette expérience.
Les questionnaires sont préimprimés pour permettre un dépouillement rapide des réponses. Les faux policiers sont de vrais sociologues ou anthropologues selon les cas.
Et les résultats sont ahurissants. Tout le monde a vu la même scène (elle a d'ailleurs été filmée et sera repassée comme preuve après le cours sur "la subjectivité des témoignages" justement....lol) et pourtant les témoignages divergent. Ils estiment une taille qui va de nain à géant, certains voient un chapeau sur le clown, d'autres une perruque. Les vêtements sont de toutes les couleurs, chacun donnant la sienne (on remarque d'ailleurs que certains présentent des tempéraments d'artistes,  qui décrivent du bleu lavande ou ocre de Provence, etc....).
Bref, alors que chacun a vu la même scène, aucun témoignage n'est identique (on n'a pas laissé le temps de se concerter aux élèves) et c'est la plus grande cacophonie sur ce qui s'est réellement passé.
Mieux, certains voient le clown arborer un rictus mauvais (ils sont la plupart du temps trop loin pour voir et le maquillage déforme les traits), pousser des cris (alors que le clown ne dit pas un mot en réalité) et chacun va décrire un scénario différent : il est arrivé par ici ou par la, est monté sur l'estrade ou pas, a tiré en direction des élèves ou pas, etc....

Où se trouve la vérité ??? La vérité n'existe pas... Chacun a réellement vu ce qu'il décrit. mais personne n'a vu pareil. Une personne grande verra le clown petit et inversement.
En gros, le résultat de cette expérience c'est qu'il ne faut pas se fier aux témoignages, surtout dans des moments d'émotivité intense. Par contre, par recoupements entre témoignages et par croisement des données et études statistiques, on peut arriver à une sorte de "plus petit commun dénominateur" qui retrace à peu près les choses comme elles se sont passées. La preuve est faite : les témoignages sont subjectifs. Mais plus on en a, plus on a une idée précise de la chose. Inversement on sait donc que si tous le témoignages concordent exactement, c'est qu'il y a eu entente entre les témoins...
Les enquêtes se basent donc principalement sur les humains : enquêteurs, suspects et témoins et c'est la connaissance psychologique des individus par les enquêteurs qui menera à la vérité.
C'est donc tout...sauf une science exacte. Une fois le scénario plausible retracé, les sciences forensiques prendront le relais et confirmeront ou infirmeront certaines hypothèses.


La cécité d'inattention

Pour parfaire le tableau sur la subjectivité des témoignages, nous allons parler de la cécité d'inattention.
Plusieurs expériences ont été menées sur ce sujet, et les résultats, quoique difficiles à croire sont bien réels. Il y a plusieurs expériences, mais voici la plus connue :
On demande à des éléves de fac de suivre une séquence de quelques minutes d'un match de basket. A la moitié de l'échantillon, on donne comme mission de compter les passes de l'équipe 1 (par exemple les maillots rouges) et à l'autre moitié, on confie la tâche de compter les passes de l'équipe 2 (par exemple les maillots bleus).
Au cours de la partie, un acteur déguisé en gorille traverse le terrain. A la fin du film, on demande aux élèves de donner leurs décomptes de passes, puis on leur demande s'ils ont vu quelque chose de bizarre au cours du match. Environ 50% de l'effectif total des élèves n'a rien noté d'anormal. Pour eux, le gorille a été invisible. Aussi incroyable que cela puisse paraitre et d'autre expériences l'ont démontré aussi, une fois l'attention focalisée sur un point précis, tout le reste est quasiment occulté.
Cette notion de cécité d'inattention peut provoquer des drames, notamment en matière de sécurité routière où la perte d'attention peut avoir des conséquences tragiques.
Le cerveau du conducteur somnole. Il déconnecte au fur et à mesure tous les sens qui lui semblent inutiles. D'abord le goût, puis l'odorat, puis le toucher, puis l'ouie et enfin la vue. Il s'agit d'un micro-sommeil. C'est pour cela que l'on conseille de faire une halte toutes les deux heures et surtout de descendre du véhicule pour marcher. La marche réveille le cerveau et rétablit les sens du conducteur.
Si l'on ne suit pas ces recommandations, comme il serait très rare qu'un gros gibier traverse la route, voire pire, un humain, le conducteur en toute bonne foi, risque de ne pas le voir...ou de le voir trop tard....


La subjectivité des témoignages

Comme nous venons de le démontrer, les témoignages sont totalement subjectifs et les résolutions d'enquêtes sont plus dûes à des approches psychologiques qu'à des approches forensiques.
Il faut déméler le bon grain de l'ivraie et c'est la tâche des enquêteurs.
Tout ce qui leur est présenté est subjetif et ils doivent retracer des faits en prenant les hypothèses les plus probables en se basant sur les déclarations des témoins. Leurs hypothèses sont confirmées ou non par la police scientifique et au fur et à mesure de l'enquête, ils se rapprochent de l'enchainement réel des faits. C'est pour cela que les reconstitutions sont un des éléments clés de l'enquête. Il faut savoir comment les choses se sont passées pour vérifier les hypothèses.
Tout l'éventail de la psychanalyse comportementaliste y passe : promesses, séduction, jeu sur la culpabilité, le soulagement de la conscience, les "deals" basés sur la théorie des jeux, etc....
Et malgré cela les taux d'élucidation sont très faibles. Encore une fois, tout repose sur l'être humain et son cerveau. La psychologie encore et toujours, la sociologie voire l'anthropologie sont les armes réellement efficaces des enquêtes modernes. 
Il faut se rappeler le désastre de l'enquête d'Outreau et ses conséquences dramatiques pour comprendre que l'humain est à la base de tout et qu'il faut toujours savoir raison garder. L'humain est la cause et l'enjeu des enquêtes criminelles. Tout miser sur l'humain serait une erreur. Négliger l'humain serait une abomination.


Pour rire un peu

Nous venons de gloser sur la subjectivité des témoignages. Tout cela était abominablement sérieux. Une petite note d'humour s'impose pour détendre l'atmosphère.
Un gendarme enquête sur une apparation d'OVNIs dans un petit village de la France profonde. Le témoin est Berthe, une femme qui va doucement sur son centenaire.
Le gendarme :
- Bonjour Mme Berthe. Pouvez-vous me décrire ce que vous avez vu ?
- Bien sûr, j'ai vu des lumières rouges, jaunes et bleues descendre du ciel et tournoyer lentement en changeant de couleur.
- Bien... et ensuite ?
- Ensuite, elles sont descendues vers le troupeau de vaches de Marcel, puis sont remontées en flêche vers le ciel et ont disparu.
- Vous êtes bien sûre d'avoir vu ça, Mme Berthe ?
- Tout à fait : je les ai vues comme je vous vois, Mr le Curé.....

mercredi 11 décembre 2013

Les Expériences de Mort Imminente (EMI ou NDE en anglais)

Aujourd'hui, nous allons parler des Expériences de Mort Imminente (EMI) ou Near Death Experiences (NDE) en anglais.
Fort bien... Mais c'est quoi une EMI ?
Entre 15 et 20 % des gens qui ont été ranimés après avoir été déclarés cliniquement morts décrivent une expérience qui semble être identique et universelle. Quelle que soit la personne et sa culture, tous racontent la même chose. C'est suffisamment stupéfiant pour que l'on s'y arrête un peu.
Comme toujours, dans ce type de phénomènes, la science ne dispose pas d'outils de mesure et ne peut donc pas quantifier ces états. Il nous faut donc faire preuve de la plus grande prudence lorsque nous abordons ce type de sujets. On peut dériver très rapidement, d'autant que les protocoles qui ont été mis en place ne l'ont été que très récemment.
Nous allons tenter d'y voir plus clair et de comprendre ce phénomène.


La mort imminente se place avant la mort

Une question de logique qui doit être évacuée dès le départ pour la bonne compréhension des choses. Une EMI est une Expérience de Mort Imminente. Ce qui veut dire que le sujet ranimé n'est pas mort. Il a été placé dans un état intermédiaire dans lequel, selon les appareils médicaux il était mort, mais il est revenu à la vie avant de mourir définitivement. Un peu comme avant une "seconde mort".
La "seconde mort" est définitive. L'EMI est une expérience qui se place au frontières de la mort, mais en deça. Donc nous ne parlerons pas ici de ce qui se passe après la mort. Nous parlerons uniquement de cet état intermédiaire de la réanimation après une mort clinique.


Mais qu'est ce que c'est, une EMI ?

L'Expérience de Mort Imminente est une expérience vécue par environ 20% des personnes qui ont été déclarées cliniquement mortes et qui ont été ramenées à la vie, comme nous le disisons en introduction.
Le cas le plus fréquent se produit lors d'une intervention chirurgicale. Au cours de l'intervention, le coeur s'arrête de battre .... 15 secondes après l'arrêt cardiaque le cerveau arrête de fonctionner : c'est la mort cérébrale. En théorie, le cerveau ne fonctionne plus non plus.
Les fonctions vitales de l'être humain ont cessé. On peut donc considérer qu'il est mort. C'est ce que l'on appelle la mort clinique.
Son electro cardioagramme et son électro encéphalogramme sont plats, signe d'une totale absence d'activité.
Les médecins font leur maximum pour ranimer le patient et réussissent. Et là, tous les patients qui ont vécu une EMI racontent à quelques nuances près, la même expérience.

  • Le sentiment d'être mort ou de changer de dimension
  • Un ressenti de Paix et d'Harmonie
  • Une "décorporation". C'est à dire que la personne devient étrangère à son corps physique et se voit elle même. Je ne pronconce pas le mot fantôme, qui, nous le verrons dans un futur billet, est "autre chose". La personne décorporée peut voir autour d'elle, noter des détails, e,ntendre des converstions, etc... En règle générale, elle "vole" au plafond et regarde sous elle. Parfois, elle entend des sons ou de la musique, comme une musique de fond ou d'ambiance.
  • La traversée d'une zone sombre
  • La rencontre avec des entités formées ou non, des personnes connues ou non, décédées ou non qui vont converser avec la personne.
  • Avec ces "entités", la personne va faire le point sur sa vie.
  • Puis elle va voir une sorte de tunnel avec, au bout, une lumière, douche, chaleureuse, accueillante, harmonieuse.
  • Des couleurs magnifiques vont la transporter de bonheur
  • Elle s'engage dans le couloir / tunnel lumineux et se rapproche de cette lumière "aimante"
  • Elle rencontre des "entités" assimilables à des esprits qui l'accueillent et la guident


A tout moment, la personne se voit offrir le choix de "revenir en arrière". On la prévient du moment fatidique, et bien entendu elle revient, sinon, nous n'aurions pas ces témoignages sur les EMI.


Que faut il en penser ?

Tout d'abord pour celui qui a vécu une telle expérience, rien n'est plus comme avant.
Tout d'abord, et ce durant des années, les personnes ayant vécu une telle expérience n'ont pas osé en parler de crainte d'être considérées comme folles. Il a fallu un livre écrit par un psychiatre, Raymond Moody, en 1975, pour faire connaitre au grand public, et sous couvert d'anonymat ces étranges expériences. Ce qui, bien entendu n'a pas manqué de déchainer les passions.
Ensuite, les personnes ayant vécu cette expérience manquent de mots pour la décrire. Le vocabulaire humain semble trop limité pour décrire ces sensations.
Enfin, leur vie et leur perception de la vie a radicalement été modifiée.


  • Cependant, tout n'est pas toujours rose

Si l'on peut dire, car un très faible pourcentage d'EMI ne se passe pas aussi bien. Parfois, la lumière décrite est rouge, et le passage est assimilé à un véritable calvaire.
Bien entendu ce type d'expérience est à l'exact opposé de la précédente, dans son vécu et dans ses conséquences. Paradis et enfer ?
Impossible de dire quoi que ce soit de plus sur ce sujet, d'autant que nous sommes bien en peine de définir l'un et l'autre....

  • Pourquoi un individu en deça de la mort irait il en enfer avant son Jugement ?

De plus, avec les progrès de la science, on ranime de plus en plus de patients après une mort clinique. Comme désormais les EMI sont connues, les patients ont de moins en moins de réticences à en parler.
Le phénomène n'est pas nouveau : Dans la Bible, Jésus ressucite Lazare et une fillette. Rien n'est dit de leur expérience, mais globalement nous savons maintenant que la chose est possible.
De plus, si l'on se refère aux autres mythologies, on trouve toujours ce "passage" à travers des brumes ou des zones "bizarres" avant de voir une lumière qui guide le défunt vers la Félicité.
Chez les Grecs, c'est Charon qui fera franchir le Styx au défunt sur sa barque. Le passage sera payé au moyen de pièces qui sont posées sur les paupières fermées du cadavre. Chez les Egyptiens, c'est encore une barque qui sert au voyage mortuaire des dignitaires, prélude à la barque qui l'emmenera dans "l'autre monde". Et si on veut pousser l'analogie, les églises chrétiennes sont des "navires" puisqu'ils ont une nef pour voyager dans le monde spirituel. Il y a donc toujours cette cérémonie du passage "bizarre" et de la lumière.


Que se passe t il après un "retour" ?

Tous les patients qui ont vécu cette expérience ont été radicalement transformés. Ils ont un nouveau système de valeurs basé sur l'humain. Leur vie gagne en profondeur et ils se dévouent pour la communauté. Ils ont également moins peur de la mort, puisqu'ils s'en sont approchés de très près. Il existe d'ailleurs une échelle de valeurs pour les EMI, comme il existe une échelle météorologique pour les vents. Les météorologues parlent d'un vent force 7, ou d'un tremblement de terre de magnitude 7 sur l'échelle de Richeter. Pour les EMI, il y a 10 niveaux. Le niveau 1 est le plus faible, le niveau 10 le plus fort. C'est à dire qu'au niveau 10, la personne arrive aux ultimes frontières avec la mort : elle s'est engagée dans le tunnel avant de se raviser.
De l'avis unanime, cette expérience a radicalement et irrémédiablement transformé leur vie. Ils ne deviennent jamais des gourous détenteurs d'une connaissance ou d'une compétence extra-ordianire. Ils deviennent des "sages" qui dispensent de l'empathie autour d'eux. ils sont dévoués à la communauté et essaient de se mettre au service des autres.


Quelles explications peut on fournir ?

Les neuros sciences travaillent sur le fonctionnement du cerveau. Il s'agit d'une science relativement récente, et donc elle n'en est qu'à ses premières découvertes. Les chercheurs travaillent sur les mécanismes de l'hypnose, et les mécanismes de fonctionnement de la raison humaine.
Dans ce cas, précis, les chercheurs n'en sont qu'au stade des conjectures.
Des chercheurs belges de l'Université de Liège, ont mis en évidence une activité cérébrale rémanente en cas d'arrêt cardiaque. Mais certaines personnes sont revenues à la vie, sans séquelles au bout d'un temps relativement long qui, à priori, devrait excéder le temps de cette rémanence.
Les scientifiques ont pensé tout d'abord à des effets secondaires induits par les substances utilisées pour l'anesthésie, mais tous les patients revenus à la vie n'ont pas tous été anesthésiés et la description est la même pour différentes personnes issues de cultures différentes, d'éthnies différentes, et de circonstances différentes...
De même, les personnes qui vivent cette expérience font toutes état d'une "décorporation" dans un univers géométriquement "bizarre". Durant cette "décorporation", ils peuvent noter des choses particulières qu'ils ne pourraient pas voir, car ils ont, non seulement les yeux clos, mais leur angle de vue ne permet pas de noter ces détails.
Enfin, si l'on considère que le coeur a cessé de battre, que l'activité rémanente du cerveau a cessé, il se manifeste une chose que nous allons nommer "conscience" pour plus de neutralité. Cette conscience ne résiderait donc ni dans le coeur, ni dans le cerveau. Elle serait ailleurs.
Notez la coincidence avec les vases canopes des égyptiens qui contenaient les viscères des défunts embaumés : 4 vases canopes, 4 types de viscères, et le coeur et le cerveau occupent chacun un vase.
Certains y verront un ectoplasme, d'autres une âme, d'autres.... autre chose. Le nom importe peu. Le phénomène est là, factuel puisque décrit par des dizaines de personnes sans contact entre elles à priori.
Les seules explications qui tiennent la route en ce qui concerne ce phénomène concernent la physique quantique.


La physique quantique

Nous abordons là un sujet des plus complexes, mais nous allons rester sur des bases simples et accessibles à tous. Pour commencer à expliquer ce qu'est la physique quantique, nous allons parler du chat de Schrödinger.

  • Le chat de Schrödinger

Je ne sais pas si ce brave homme avait un chat de compagnie, mais voici l'expérience qu'il propose :
Un chat vivant est placé dans une boite munie d'un dispositif meurtrier. Le chat est enfermé dans cette boite pendant une minute. Durant ce laps de temps, le dispositif a 50% de chances de s'enclencher et donc de tuer le chat. La mort est supposée instantanée. Passé la minute, le dispositif devient inoffensif.
A l'issue de la minute, la question que tout le monde se pose est : le chat est il mort ou vivant ? Il a une chance sur deux d'être vivant (ou mort selon que vous soyez optimiste ou pas).
Schrödinger dit que la réponse est : le chat est mort ET vivant. Les deux états se superposent.

La physique quantique repose sur la superposition des états. Le chat de l'expérience est à la fois mort ET vivant.
Rassurez vous, tout le monde a du mal avec cette notion. Nous vivons dans un monde binaire. On est soit mort, soit vivant. Dans le monde de la physique quantique, les états se superposent et nous sommes à la fois morts ET vivants. C'est totalement paradoxal.
Votre première pensée est de dire : il suffit d'ouvrir la boite pour savoir si le chat est mort ou vivant, mais pourrait-on se douter de l'état du chat avant d'ouvrir la boite ??
Les lois quantiques échappent à notre entendement "classique".
Nous attaquons plus la philosophie que les mathématiques.
Tout d'abord, nous pouvons supposer qu'il existe plusieurs univers qui se superposent. Dans l'un, le chat est mort et dans l'autre il est vivant.
De même, si on se place du point de vue du chat, s'il meurt il ne s'en rendra pas compte. De ce fait, que devient sa perception de la réalité ? Meurt il réellement ou ne meurt il que pour nous ?
Pour lui, dans son monde a lui, est il toujours en vie ?
Cette superposition des états pose des problèmes à notre perception du monde, et de fait, inutile de se torturer : nous savons bien que le chat ne peut être que mort ou vivant.

Donc, soit la théorie quantique décrit bien la réalité physique de notre monde. Soit, elle ne décrit pas du tout la réalité de notre monde, soit, elle décrit partiellement notre monde.
Si l'on considère cette troisième possibilité, alors nous voyons apparaître la notion de conscience.
Est ce que si nous étions à la place du chat, notre conscience pourrait influer sur le déclenchement du dispositif, au point de retarder indéfiniment le moment de la mort. Sinon, il faut soit reprendre toute la physique quantique, soit modifier les Lois qui la régissent pour coller avec la réalité tangible.
Donc la physique suppose l'existence d'une conscience. La boucle est bouclée.


La superposition des états

Comme les premiers ordinateurs quantiques commencent a voir le jour dans les laboratoires, on peut supposer que les théories quantiques ne sont pas fausses.
Donc il y a une forte probabilité que la conscience existe. Et donc il est possible que cette "conscience" passe dans le cas de la mort sur un état superposé de notre réalité.
Dès lors, on peut imaginer que cette conscience passe d'un univers a un autre.


Si vous voulez en savoir plus