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vendredi 20 novembre 2015

L'énigme de Soccoro ou l'étrange aventure du Sergent Lonnie Zamora

Tout le monde connait peu ou prou l'incident qui a eu lieu à Rosewell, en 1947. Pour ceux qui ne sortiraient pas le dimanche, il s'agirait du crash d'un vaisseau extra-terrestre qui se serait produit dans la ville de Rosewell, Nouveau Mexique à deux pas de la fameuse zone 51, de sulfureuse réputation sur les expériences "secrètes" menées par l'armée américaine. Mais l'histoire se répète (on ferait bien de s'en souvenir) et il y a un cas étrange, au Nouveau Mexique, lui aussi, présentant beaucoup de similitudes avec le "Crash de Rosewell", que je vais vous narrer ci-après.

Les faits - l'observation

Le vendredi 24 avril 1964, aux alentours de 17h50, le Sergent Lonnie Zamora (né le 7 août 1933 et mort le 2 novembre 2009, à l'âge de 76 ans, d'une crise cardiaque) patrouille seul, au volant de son véhicule de service (une Pontiac blanche), dans la banlieue sud de Soccoro, une petite ville du Nouveau Mexique.

Par radio, on lui signale qu'une Chevrolet noire, conduite par un gamin d'environ 17 ans, vient de commettre plusieurs infractions (excès de vitesse, non respect des signalisations, bref conduite dangereuse...), et le Sergent Zamora se lance immédiatement à sa poursuite et sort de la ville par les terrains de rodéo.

Un collègue, lui aussi au volant de sa Pontiac blanche vient lui prêter main forte.

En pleine poursuite, le Sergent Zamora entend une sorte de "rugissement".

Comme tout bon policier, il a tout consigné dans son rapport, et si on le lit (Google est votre ami), voici ce qui s'est passé :
Le Sergent a entendu un rugissement, pas une explosion (il insiste bien sur ce point), et vu une flamme bleue et orange à un kilomètre ou deux de sa position.

Il songe immédiatement qu'un dépôt de dynamite a explosé et il décide d'arrêter la poursuite du chauffard pour aller porter secours à ceux qui pourraient être blessés dans cette explosion.

Comme il est concentré sur sa conduite, il ne fait pas trop attention à la flamme, mais celle ci semble doucement descendre vers le sol. Il ne peut pas en préciser la taille, mais il note que c'est une flamme en forme de dôme, sommet vers le haut "comme un entonnoir". il ne voit rien de mieux, d'autant que le soleil, à l'ouest, gêne sa vision.

Le Sergent porte des lunettes de police vertes, mais au dessous, il porte ses lunettes de vue, avec des verres correcteurs. La seule chose qu'il note c'est un vent de sable, mais la journée est belle. La "flamme" passe derrière une colline, et il voit la flamme aussi longtemps qu'il entend ce fameux rugissement qui passe de l’aigu au grave, puis s'arrête, le tout prenant environ une dizaine de secondes. Il précise que les deux fenêtres de sa voiture sont ouvertes.

Il s'y prend à plusieurs reprises pour monter le raidillon avec sa voiture ( 3 fois en tout) et une fois au sommet.... il ne voit rien. Il cherche l'entrepôt de dynamite, car il ne se rappelle plus de sa position exacte. Mais il trouve bien autre chose...

Il voit à une certaine distance devant lui, au fond de la mesa, un objet brillant ressemblant à une voiture retournée et deux personnes en combinaisons blanches s'affairer autour de l'appareil. Une des deux personnes se retourne, et parait extrêmement ennuyée. Il ne note rien à leur sujet à part qu'ils ont la tête nue et qu'ils sont de petite taille "ou de grands enfants".

Il remonte dans son véhicule pour aller leur porter secours; tout en respectant la procédure et en prévenant le "central" (le bureau du Shériff) qu'il a vu un accident et qu'il va sortir de son véhicule, le tout au moyen de codes (10-44 code signifiant accident et 10-06 code signifiant occupé à l'extérieur du véhicule) comme les nostalgiques de Strasky & Hutch s'en souviennent....
Dans la précipitation, il note qu'il fait tomber son micro, puis le remet en place, avant de sortir de son véhicule de patrouille.

Las, à peine sorti, l'engin se remet à rugir, d'abord à basse fréquence, puis de plus en plus aigu, et la flamme réapparait sous l'objet. Le Sergent est familiarisé avec le bruit des réacteurs de jets et il est certain que ce n'est pas du tout le même bruit que celui d'un réacteur d'avion.
L'objet décolle et monte à la verticale, sans émettre de fumée, mais en soulevant de la poussière.

Effrayé, et craignant une explosion (la cabane à explosifs est située à proximité et si l'engin crache ses flammes au dessus.... Boum), il court se mettre à l'abri derrière sa voiture, mais dans l’affolement, heurte son véhicule (il se cogne la  jambe sur le garde-boue arrière) et perd ses lunettes.

L'objet s'élève dans le ciel et le Sergent Zamora peut le voir : il est de forme ovale (comme un œuf), semble réalisé en aluminium blanc (pas chromé) et porte sur son flanc, au centre, un insigne, une sorte de flèche rouge stylisée, dirigée vers le haut et entourée d'un rectangle rouge.

Il s'éloigne en courant de cet objet mystérieux et voit que l'appareil (devenu silencieux, plus de rugissement) s'éloigne très rapidement de lui (en direction de canyon box ou de la montagne du Canyon de Six Miles, et les évitant de même qu'il a évité la cabane abritant la dynamite), et disparait en passant au-dessus des montagnes, sans faire de flamme, ni de fumée, ni de bruit.

Le Sergent revient alors à sa voiture, récupère ses lunettes et appelle son copain Nep Lopez, l'opérateur radio pour lui demander s'il voit l'objet par la fenêtre. Nep demande ce qu'il doit voir, et le Sergent Zamora lui répond "une sorte de ballon". Personne ne sait si Nep Lopez a vu ou non l'objet en question, car le Sergent ne lui a pas dit par quelle fenêtre regarder....

Les faits - les constatations

Le Sergent indique clairement dans son rapport ne pas avoir bu récemment (2 ou 3 bières à plus d'un mois). Et il est vrai que quand on lit l'histoire ci-dessus, on peut se poser la question de savoir s'il était à jeun ou pas...

Pour la suite, on va faire plus simple. Le Sergent demande à Nep et au Sergent Chavez de la Police d'Etat de le rejoindre sur place et ils font les premières constatations.

Tout d'abord, le Sergent Zamora est très pâle, transpirant. Lenny Zamora est un homme d'expérience, très bien noté, pour qu'il soit affecté à ce point c'est qu'il a vécu quelque chose d'exceptionnel. Puis, ensemble, il vont constater les traces laissées par l'engin. Le premier indice sont des broussailles en feu. Certaines sont brûlées horizontalement et d'autres verticalement. Mais ils trouvent surtout des traces laissées par des "pieds" sur lesquels reposait la structure brillante. On pourrait dire des trains d'atterrissage (4 empreintes au sol, en forme de losange). 

Dernier élément matériel : le métal a frotté sur les roches alentour et le métal a laissé son empreinte sur les rochers, quelques copeaux, mais bien suffisants.

Ce cas est un cas d'école car, mettant en scène des policiers, il est extrêmement bien documenté et a reçu une couverture média très importante. Il est très connu dans les milieux ufologues, mais assez peu connu en France. Puisque Lonnie Zamora a vu des individus et que ceux-ci l'ont vus aussi, on peut dire qu'il s'agit d'une fameuse "rencontre du 3eme type", encore que les "ET" de la scène n'aient été que deux (Ouarf ! humour quand tu nous tiens....).

Les descriptions ci-dessus sont basées sur les témoignages du Sergent aux enquêteurs des Forces Aériennes pour le projet "Blue Book" (Google est un très bon ami à vous).
Je crois même me souvenir que l'émission "Mystères" sur TF1 avait évoqué ce cas là (oui, à ma grande honte, je regarde parfois TF1....lol).

Cette "affaire" a tellement "collé" au pauvre Lenny Zamora, qu'il a fini par quitter la police pour devenir gérant d'un poste à essence, et il a essayé de ne plus être en contact avec ceux qui enquêtaient sur cette affaire.

On entre dans le mystère

Assez bizarrement, ce cas est similaire, de façon stupéfiante à celui de l'OVNI de Valensole, en Provence (Wikipedia est votre ami : "rencontre de Valensole").
Dans les deux cas, les autorités sont aussi perplexes et les héros de l'histoire développent des troubles psychologiques, et les deux disent que s'ils avaient prévu les conséquences, ils n'auraient jamais parlé de leurs expériences à personne. Dans les deux cas, les personnes sont connues et jugées dignes de bonne foi.

Le Nouveau Mexique abrite également la ville de Rosewell célèbre pour son autopsie des "petits hommes verts" et Los Alamos, centre de recherches et d'essais sur la fameuse bombe  atomique qui mit fin à la seconde guerre mondiale..

Ceci dit, le phénomène OVNIs n'est pas récent. Toutefois ils n'apparaissent qu'à partir de la seconde guerre mondiale avec les Foo-Fighters (sur lesquels nous reviendrons pour un futur article) et surtout le 26 juin 1947, où un pilote (Kenneth Arnold) a témoigné avoir vu 9 galets plats, brillants, volant en formation dans l'état de Washington, au nord des Etats Unis, à la frontière avec le Canada. 

La guerre froide n'est pas étrangère à tout cela. Nous y reviendrons.

Bref, nous sommes confrontés à un véritable mystère, et les conclusions du Blue Book de l'US Air Force indique qu'il s'est passé là quelque chose d'inconnu.... Quand on met sa parole en doute, il s'insurge violemment. Bref, il ne joue pas la comédie.
A priori, Zamora est un homme de bonne foi et ce qu'il a vu l'a profondément remué au point qu'il ait eu besoin (selon certaines sources) de voir un prêtre pour se rassurer.

L'USAF ne fournit aucune conclusion satisfaisante dans son rapport (à part que le phénomène n'est PAS d'origine extra-terrestre), et d'autres faits apparaissent, mais comme toujours, ils apparaissent APRES les faits.
Et l'ensemble de tout cela de vient une véritable "affaire".

Des incidents gênants

Jusque là on est dans le fantastique, mais il faut savoir que, pas loin de la zone d'observation, on fabrique et on teste des "Surveyors" (on a parlé des tests du premier LEM qui devait aller sur la lune, mais le professeur Hynek a invalidé cette hypothèse), des engins qui vont participer à la conquête spatiale et qui sont ... top secrets ? Oui, top secrets....

Le prototype des "Surveyors" a t il effectué un test ? Trois ans après, il atterrira sur la lune (il alunira, donc) et la base de White Sands n'est pas loin et il est attesté ce jour là, qu'un hélicoptère venu de cette base a fait des essais avec un prototype, mais pas dans les bons créneaux horaires.
Le premier phénomène bizarre (bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est étrange) a noter est la forte proportions de hauts gradés impliqués dans cette histoire. Il faut également noter dans les bizarreries que des dizaines d'autres personnes témoigneront avoir "vu" quelque chose, mais qu'ils ne seront pas interrogés.

Enfin, certaines anomalies ont ravi les amateurs de para-normal qui vont y voir des "preuves" à l'appui de leurs thèses. Par exemple, certaines personnes auraient souhaiter cacher leur présence sur les lieux, mais ce sont des hauts gardés de l'USAF. De là à imaginer un complot, il n'y a qu'un pas.
L'affaire a généré une littérature abondante. Un lieutenant-colonel (Conkey) est présent sur une photo prise sur place, mais il dénie avoir été présent. Pareil pour le capitaine Holder qui refuse de figurer sur les rapports sous prétexte qu'il est sur place à titre personnel. Il n'en faut pas plus pour que l'imagination de certains se déchaine.

Bref, on dit tout, n'importe quoi et son contraire...
Et c'est là qu'intervient le professeur Hynek dont nous allons parler maintenant.

Josef Allen Hynek

C'est un scientifique américain (Wikipedia est votre ami), conseiller de l'USAF sur le projet Blue Book.
Initialement, c'est un sceptique, qui ne croit absolument pas aux OVNIs. Puis il change d'avis, mais scientifiquement.

Comme tout bon scientifique, il admet que la science, en l'état actuel des connaissances ne peut pas tout expliquer. Sa démarche est rationnelle. Il ne croit pas aux OVNIs en tant qu'entités extra-terrestres (et il est vrai qu'il n'a pas tort en ironisant sur le fait que si une civilisation dotée de tels moyens de transport prenait contact avec la notre, ce ne serait pas pour se cacher aux regards, mais pour établir un véritable contact).

Ne serait-ce pas ce que nous ferions nous mêmes si nous avions cette technologie ? Il plaide donc pour une étude plus rationnelle du phénomène des OVNIs.
Selon lui, l'observation de Lonnie Zamora est réelle, mais elle nécessite une explication moins restrictive que de dire : il ne s'est strictement rien passé, mais sans pour autant accepter l'hypothèse d'une visite des petits hommes verts.

Bref, dans ce cas, il ne peut apporter aucune explication rationnelle aux faits qui ont été constatés par les uns et les autres et qui sont à peu près cohérents. Il serait plutôt partisan d'un prototype humain d'engin ou un ballon sonde comme le cas de Rosewell, mais n'exclut pas d'autres explications et avoue son impuissance à expliquer rationnellement et de façon irréfutable un tel évènement.

Cas rarissime où un scientifique admet qu'il y a des faits, mais qu'on ne peut pas encore avancer d'explication rationnelle, mais qui n'est en aucun cas une caution de l'étrange.

Ce n'est pas parce qu'on se sait pas expliquer que c'est forcément un coup des petits hommes verts. Toutefois, rien ne permet non plus, d'écarter cette explication.

Dessine moi un OVNI

Mais alors, dans l'absolu, c'est quoi un OVNI ? Comme je l'ai déjà dit plus haut, il est amusant de constater que les OVNIs apparaissent en pleine guerre froide....
A l'instar des Foo-fighters, on pense que c'est une arme de l'autre camp et donc, l'USAF va enquêter sur le phénomène autrement plus inquiétant que de simples extra-terrestres en goguette sur notre bonne vieille Terre.

Et les ricains ne font pas les choses à moitié. Pire, ce qui ravira les amateurs de complots de tout poils, les rapports sur les OVNIs sont classés "Confidentiel Défense" et restent dans des cénacles très fermés. Ils vont jusqu'à imaginer qu'il s'agit d'une arme de guerre psychologique, d'où leur attitude légèrement rigide...lol

Leur premier rapport s'appelle le projet "Sign" et conclut qu'il ne s'agit pas d'une arme soviétique, ni d'appareils extra-terrestres. Ouf, on respire, mais c'est quoi alors.... ben, ils ne le savent pas non plus....

D'ailleurs en 1985, considérant qu'il n'y avait aucun danger pour la sécurité des Etats Unis dans ce phénomène (et la détente Est-Ouest y étant un peu pour beaucoup), il décident de déclassifier et de rendre public toute leur documentation sur ce sujet. Vous y avez accès sur le net (Google est votre ami, mais prévoyez un traducteur : The Black Vault).

Pourquoi voit-on surtout des soucoupes volantes lors de la guerre froide ?

Comme toujours, l'aspect psychologique est énorme, mais est constamment négligé.On pourrait classer le phénomène OVNI dans une sorte de paranoïa jointe à une certaine forme d'hystérie collective.

Certains voient les OVNIs comme des armes redoutables et colonisatrices (un peu comme si c'était une arme secrète de l'armée rouge, prête à déferler sur les USA pour les envahir) et d'autres les voient comme un espoir pour l'humanité, la fin de l'Histoire, version Marx : nos visiteurs nous aiment et nous apportent science, progrès et technologie pour vivre en paix et en harmonie. Plus de maladie, de pauvreté, bref, un nouvel Age d'Or....

Dans les deux cas, vous comprenez bien qu'il s'agit des deux revers d'une médaille : une riposte à l'angoisse ou une cristallisation de celle-ci.
Les égyptiens n'ont pas représenté de soucoupes volantes. Les romains non plus. Dans l'iconographie du moyen-âge, pas plus. Le phénomène est des plus contemporains....

Il est tout de même à noter que dès que les médias ne communiquent plus sur ce sujet, le nombre d'observations chute vertigineusement. Par contre dès qu'un témoignage est médiatisé, des dizaines de témoignages affluent. On a tellement envie de voir, qu'on finit par voir....

Mais alors il n'y a rien ?

Mettons à part les affabulateurs de tout poil, les névrosés et ceux qui veulent une gloire éphémère pour "passer à la télé". Mettons aussi de côté les utilisateurs de substances psychotropes et autres amateurs de cigarettes qui rendent gai. Les autres sont sincères, de bonne foi et honnêtes.

Alors ?
Alors ils ont vu quelque chose. Mais quoi ?

Tout d'abord, abordons le problème de la suggestion. C'est une des nombreuses techniques de mentalisme et donc à étudier de près.

La suggestion

Louis XI, légèrement parano, avait un astrologue (et un barbier, oui, je sais, mais ce n'est pas le propos) nommé Galéotti. Celui ci avait fait plusieurs prédictions exactes concernant la mort de divers personnages de la Cour, et une fausse qui avait valu à Louis XI un emprisonnement par Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne.

Donc Louis XI ne savait pas sur quel pied danser : traitre ou honnête, charlatan ou médium ? Pour le savoir, il décida de voir son astrologue et de choisir s'il devait le faire embrocher ou le laisser vivre. Il provoqua une entrevue avec (bien dissimulé derrière une tenture) Tristan l'Hermite, son exécuteur des Hautes Œuvres.

Puis, il fit appeler Galeotti et lui posa cette question fameuse :
"Monsieur l'astrologue, vous qui lisez si bien dans l'avenir, avez-vous eu la curiosité de rechercher la date de votre mort ?"

N'oublions pas que Galéotti était la version ancienne du mentaliste de music-hall actuel. Il connaissait le contexte, avait ses informateurs, décoda l'expression du Roi et vit rapidement le piège. Il ne se démonta pas pour autant et répondit :
"Sire, je sais simplement que je mourrai trois jours avant votre Majesté."

C'est le principe magnifiquement illustré de la suggestion. Avec cette réponse, il avait sauvé sa vie.
Ironie du sort : Le Roi mourut quelque chose comme 30 ans avant Galéotti, ce qui confirme que c'était bien un charlatan, mais qu'il avait la classe et l'intelligence. Google est votre ami.

Pourquoi aborder la suggestion ? Tout simplement parce que c'est une des premières composantes à connaitre sur le phénomène OVNI.
Par exemple, en 1947, Kenneth Arnold "voit" les premières "soucoupes volantes". Certains sceptiques pensent même qu'il devait s'agir de pélicans blancs, mais peu importe, nous en reparlerons.

Dans son observation, Kenneth Arnold décrit des objets en forme de "boomerang", de demi-cercles et / ou de triangles. Mais lorsqu'il décrit leur mouvement dans le ciel, il fait référence à des "soucoupes" qui ricochent sur l'eau. Le journaliste en fait des "soucoupes volantes" et c'est très exactement ce qu'observeront d'autres témoins...

Des soucoupes. Pas des boomerangs, ni des triangles, encore moins des demi-cercles, mais des soucoupes....
Une observation peut être réelle, mais elle entraine des réplications inouïes avec force détails, et totalement irraisonnée.... Tout repose sur cette fameuse suggestion, sur laquelle nous reviendrons au cours de prochains articles sur le mentalisme.

Plus sérieusement, dans ce cas précis, on pense que le pilote a vu un "mirage de Canopus" dont nous reparlerons plus bas, avec quelques explications....

Les hypothèses rationnelles

Inutile de vous dire que j'écarte d'office les explications du style "foudre en boule" ou autres.... Ces phénomènes sont très controversés, et de toutes façons n'ont jamais été invoqués sérieusement par tous ceux qui ont fait des recherches sur ce sujet.... je ne m'en tiens qu'aux véritables hypothèses plausibles.

Les phénomènes météo

Certains nuages ayant des formes "spéciales", peuvent induire en erreur les observateurs, comme par exemple l'Altocumulus lenticularis, qui a la forme adéquate pour faire une soucoupe volante. Dans ce cas précis, il semble que ce ne soit pas le cas.

Par contre, un simple mirage peut être identifié comme étant un OVNI. Plusieurs cas ont été rapportés d'OVNIs qui n'étaient en fait que de simples mirages. C'est assez déroutant, et l'observateur est d'une parfaite bonne foi. Sirius est l'étoile la plus brillante et Canopus, la seconde si l'on se trouve au Nouveau Mexique. Elles sont très brillantes, à faible altitude, le sol est sableux et surchauffé. 

Bref, tout est réuni pour faire un "mirage de Canopus", ce qui explique que les gens "voient" réellement un OVNI, mais que celui ci n'apparait sur strictement aucun radar terrestre. Hynek en parle régulièrement dans ses explications. 

Un incident dit de "Cash / Landrum" du nom des témoins est expliqué par un mirage de Canopus. En décembre 1980, à Huffman (Texas, et donc, globalement, à la même hauteur que le nouveau Mexique), ces deux témoins avaient vu un OVNI atterrir sur la route devant eux. Après enquête, ils avaient bel et bien vu ce fameux "mirage de Canopus".

Cela parait si vrai qu'un mirage de Canopus a probablement entrainé la mort de Frédéric Valentich qui pilotait son avion sur le détroit de Bass en Octobre 1978. Désorienté par le mirage et convaincu qu'il était au-dessus de lui, il semble s'être écrasé dans la mer. C'est aussi une des explications (sérieuse) que l'on avance pour la première observation de Kenneth Arnold en 1947.

Il a rapporté avoir vu une sorte de chaîne de neuf «aéronefs» voler près du mont Rainier dans l'État de Washington (États-Unis). Ils se sont tous déplacés ensemble et parfois même auraient "flashé". Cependant, l'analyse montre que le mouvement apparent a été entièrement attribuable à son propre mouvement, tout comme une lune basse semblera vous suivre à travers un paysage immobile (illusion d'optique). 
Tous les objets très éloignés à basse altitude vont sembler se déplacer parce que leur direction ne change pas alors que celle d'un objet plus près le ferait. Dans ce cas, la source était constituée des neuf pics enneigés de la chaîne des Cascades distante de plus de 100 km. 
Dans la lumière du soleil, les mirages les représentant ont été formés par de fortes amplitudes de température sur deux vallées profondes entre Arnold et les montagnes. Lorsque les différences entre les amplitudes étaient trop fortes, les images des pics ont "flashé".

Toujours dans les phénomènes météorologiques, certains pensent que Zamora a vu un "devil sand". Ce jour là, les journaux du Nouveau-Mexique dans leur rubrique météo ont signalé des basses pressions (grosso modo du mauvais temps) se déplaçant à travers l'état avec des rafales de vent soulevant la poussière. Zamora dans son rapport a signalé lui aussi des vents qui soufflaient fort, à en juger par la poussière créé quand il a conduit sur une route de terre pour aller au point où il s'est arrêté. Hynek lui aussi signalé de forts vents (sud sud-ouest). 

L'observation pourrait donc tout simplement être une sorte de tourbillon faisant du bruit, ce que les américains appellent un "devil sand" (Google est votre ami). Toutefois, cette hypothèse contrecarre l'idée du ballon, qui aurait dû, lui, être poussé par le vent et donc se déplacer dans la direction contraire à celle qu'il a prise....

Les prototypes divers... et secrets, bien sûr

Dans les hypothèses qui sont recevables, on peut citer les prototypes d'engins militaires non encore identifiés, comme par exemple des VTOLs (Vertical Take Off Landing / appareil à décollage et à atterrissage vertical) comme le Harrier Hawker Siddeley, seul appareil réellement opérationnel et Anglais. Un test de prototype secret ? Zamora connaissait les avions, mais n'a pas identifié ce qu'il a vu comme avion. Donc un avion inconnu ou de forme bizarre.

Dans la même veine, des prototypes d'engins destinés à la conquête spatiale et à l'exploration. 
Par exemple à cette époque, la NASA faisait tester des prototypes de "Surveyor" pour les envoyer sur la lune. Un hélicoptère (les essais des Surveyors étaient "surveillés" par des hélicoptères Bell) participait à une manoeuvre impliquant un prototype de Surveyor, non loin de là... et aux bonnes dates... 
Une erreur du navigateur ou un incident imprévu et hop : on sort de la zone militaire balisée, où il y a des témoins.... 

Hypothèse à ne pas exclure dans un contexte de concurrence entre agences spatiales rivales et de guerre froide. L'appareil Surveyor a bel et bien fait ses prélèvements, tels qu'il les fera plus tard, sur la surface de la lune. 
Ce qui explique rationnellement les traces laissées par l'appareil. Lisez le compte rendu de la mission Apollo 12 : ils sont allés "voir" le module Surveyor (Surveyor 3, ce qui veut dire qu'il existe Surveyor 1 et 2....) resté sur la lune, qui avait rendu possible l'envoi d'hommes sur notre magnifique satellite naturel.

Toujours dans la même veine, un essai de ballon à air chaud habité. La tentative de Virgin de vol à haute altitude en ballon à air chaud est encore dans nos mémoires. Se pourrait-il que certaines agences aient pu tester un remplaçant aux fameux U2 avec des ballons ? 

Cette hypothèse n'est pas si farfelue et pourrait expliquer certains aspects des descriptions, comme les variations de tangage de l'appareil passant de fréquences faibles à des fréquences plus élevées. De plus, Zamora a déclaré avoir entendu un bruit de flamme, ce qui pourrait correspondre avec les brûleurs au propane de ballons à air chaud. 

Cette hypothèse est plus difficile à valider à cause des directions prises par les vents soufflants ce jour là sur la zone. Il ne faut pas oublier que les américains (à cette époque) misaient beaucoup sur ces ballons à très haute altitude (le projet Mogul) pour aller espionner ceux d'en face. 

Bien entendu, tout était top secret de chez top secret et c'est un reste de ces ballons que l'on a trouvé à Rosewell. 

Les corps découverts parfois s'expliquent aussi par ces projets secrets : les américains faisaient des tests avec des mannequins anthropomorphes pour certains de ces projets secrets, comme les sièges éjectables. Mais il fallait vite les faire disparaitre pour conserver le secret. Certaines mauvaises langues ajoutent qu'ils auraient utilisé de vrais corps de cadavres, mais là, à vous de faire votre propre opinion.


Un canular est-il possible ?

L'hypothèse d'un canular a elle aussi été invoquée, et ce n'est pas si bête que ça. L'hypothèse a été envisagée dès le départ, avec la création d'un "parc d'attraction" sur la zone où aurait été vue l'OVNI. Zamora, ainsi que le propriétaire du terrain ont toujours farouchement nié cette éventualité, et comme il n'y a toujours pas de parc là bas, contrairement à Rosewell, on peut supposer que le canular, si canular il y a, vient d'ailleurs. 

Un dénommé Philip Klass, par ailleurs sceptique acharné, pense que toute cette affaire était une mystification et avait pour but de relancer le tourisme dans une ville moribonde. Hynek lui même a envisagé cette explication, avant de conclure à la bonne foi des principaux protagonistes. Alors une farce de potache ? Pourquoi pas....

Selon certaines sources, le mercredi 19 juin 1968, le Docteur Linus Pauling écrit au Docteur Stirling Colgate et met une mention manuscrite sur le courrier pour poser une question à propos de cette affaire. En bas de page, le Docteur Colgate répond qu'il a "une idée assez précise de l'étudiant qui a monté ce canular". 

De même, un "enquêteur" nommé Antonio Bragalia, ayant eu confirmation du canular par le Docteur Colgate, contacte le Docteur Frank T. Etscorn, professeur de psychologie à "New Mexico Tech" (Comme le Massachussets Institute of Technology (MIT) ou le Californian Institute of Technology (Caltech), chaque état a son Institut de Technologie) au moment des faits.

Celui-ci lui fait part des travaux d'une de ses étudiantes, qui, à l'époque des faits avait examiné le cas sous l'angle psychologique, mais au début des années 80. En menant son enquête, elle finit par découvrir que toute l'histoire était un canular et le nom d'un des protagonistes de l'affaire (en utilisant l'almanach des élèves de 1964), qui refusa d'être nommé et exigea l'anonymat.

Mais d'après ses travaux, c'était bel et bien un canular. Pour corroborer le tout, elle découvrit que les archives de l'institution montraient qu'un rétro projecteur avait été volé sur le campus au moment des faits.

Bon, bref, alors, c'était quoi ?

Bonne question. Dans toute cette affaire, rien n'est concluant. Plusieurs hypothèses sont valides, y compris d'ailleurs, la possibilité qu'il s'agisse bel et bien d'un OVNI, bien qu'à titre personnel, je n'y croie pas trop....

Ce qui est sûr, c'est que le témoin principal est de bonne foi, qu'il ait été abusé ou qu'il ait vu réellement quelque chose. C'est d'ailleurs cette honnêteté intellectuelle qui rend cette affaire si complexe. il est d'une totale bonne foi et ne comprend pas lui-même ce qu'il a vu.

Le véritable problème des enquêteurs est que, depuis 1964, de l'eau est passé sous les ponts et que au moment de l'affaire, la guerre froide a fait peser une chape de plomb sur tous les éléments de l'enquête, ce qui, après coup, a exacerbé les suspicions sur un éventuel "complot" destiné à cacher au monde... ce que vous voulez....

Alors ? Phénomène météo ? Illusion d'optique ? Blague de potaches surdoués ? Canular touristique ? Ballon espion ? Prototype secret ? Ou véritable vaisseau extra-terrestre ?
A vous de vous faire votre propre opinion.

N'hésitez pas à critiquer toutes ces infos, et surtout, faites vos propres recherches sur la Toile.... et n'oubliez pas que ... "La vérité est ailleurs".....

vendredi 14 août 2015

Mentalisme : La combustion Humaine Spontanée et ses répercussions

Tout le monde a entendu parler d'un phénomène bizarre autant qu'étrange : la combustion humaine spontanée.
Des individus que rien ne distingue et qui, subitement, du jour au lendemain, se sont consumés de l'intérieur, au point qu'on ne retrouve d'eux que des tibias et des cendres.
Je dois avouer que, vu comme ça, il y a de quoi avoir peur. Mais encore une fois, qu'en est il réellement ?

La véracité des faits

Une fois n'est pas coutume, pour une fois, les faits sont avérés.
Mais, avant tout, explicitons bien les termes utilisés de façon à bien circonscrire notre propos.
La combustion est un feu sans flammes. Le corps (j'utilise le mot corps de façon générique) brûle, mais sans émettre de flamme.
La combustion humaine indique que ce phénomène s'applique aux corps humains, et spontanée précise que la combustion se déclenche immédiatement (dans le sens premier du terme, sans média), sans cause apparente.
De fait, pour une fois, il existe quelques cas recensés de Combustion Humaine Spontanée (CHS), et l'on a retrouvé des personnes, intégralement consumées, ou consumées partiellement, avec les tibias intacts, alors même que la totalité de leur environnement est préservé du feu : le fauteuil sur lequel elles sont assises, par exemple.
Je place à part, les cas évidents dans lesquels une personne s'est assoupie avec une cigarette non éteinte à la main, la combustion étant une conséquence logique, mais s'effectuant avec flammes et en détruisant l'environnement du corps.

Une fois cela posé, trions le bon grain

De l'ivraie.... Nous nous trouvons, enfin ?, devant un mystère mystérieux.
Là encore, il faut faire preuve de prudence. A coté de ces faits avérés, certains individus ont déclaré avoir été témoins de réelles combustions humaines spontanées, avec flammes.
Pour le moment, ce ne sont que des légendes urbaines (voir le billet sur les légendes urbaines ici....), car aucun cas de genre n'a pu être scientifiquement démontré.
Un seul et unique témoin, pas de victime nommément connue, etc.... Donc ces points là sont sujets à caution.
Il nous faut donc nous concentrer sur ce qui est avéré.

Comment faire du feu

A priori, il faut un silex, une pierre, de l'étoupe...  Non, plus sérieusement, il faut du combustible, du comburant et une température élevée.
Pour qu'un objet s'enflamme, la température doit atteindre au minimum, celle du "point d'étincelle". Il faut donc un point chaud, à une température suffisante. Une cigarette, une lampe puissante, un radiateur rayonnant, une bougie....
Le comburant est l'air.
Reste à trouver le combustible.
Le combustible le plus simple à trouver sur un corps humain, c'est... tout simplement sa graisse.
Le départ du feu doit se situer sur le corps, là où la masse graisseuse est la plus importante. Ce qui pourrait expliquer que les extrémités soient épargnées. Les tibias et les bras contiennent moins de graisse.
De plus se sont des points bas et la combustion a tendance à monter. Si vous tenez une allumette allumée tête en haut, elle va finir par s'éteindre seule.
Faites pareil avec l'allumette dirigée tête en bas, la totalité du bois va s'enflammer. Le feu monte.
Pour que le feu prenne, on utilise souvent un accélérateur. Un alcool ou un produit voisin, le plus volatil possible.
L'exemple de la bougie est excellent : on "voit" comment le processus se passe.
la stéarine est fondue par la chaleur, monte par capillarité dans la mèche et est brûlée par la flamme. Nous avons le même schéma que celui que nous venons de décrire, avec de la graisse à la place de la stéarine.
Reste un éventuel accélérateur à découvrir pour expliquer la totalité de la CHS.

Quelques chiffres macabres

Un corps humain est principalement composé d'eau (70%). Donc, difficile à enflammer.
Mais la graisse, elle, n'est pas uniformément répartie sur tout le corps. Il y a des zones précises où elle a tendance à s'accumuler. Imaginons qu'une partie de cette graisse soit "allumée", et le processus est déclenché.
Pour enflammer de la graisse humaine, la température doit atteindre les 240°C, mais ensuite, un température d'à peine 24°C suffit à entretenir la combustion.
La combustion de notre graisse est exothermique, c'est à dire qu'elle peut entretenir elle-même sa propre combustion, tel que l'a démontré, en 1965, un spécialiste de médecine légale, le Docteur Gee.
Par contre, une température de 1 650°C est indispensable pour la crémation des os.... sinon, il en reste des fragments, alors que dans les cas de CHS, tout est réduit en cendres.
Comment obtenir une chaleur aussi intense ?

L'effet de mèche

Comme les victimes sont assez souvent des femmes alcooliques, pendant longtemps, les théories fumeuses (c'est le cas de le dire) et sexistes se sont taillé la part du lion.
Mais n'importe quel alcoolique ne prend pas spontanément feu. Il faut savoir qu'à 5g d'alcool dans le sang, c'est la mort assurée (quoi que certains cas exceptionnels aient pu survivre avec une telle concentration d'alcool dans la sang).
Autrement dit, il faudrait essayer d'enflammer un liquide contenant 5% d'alcool pour voir dans quelle conditions un feu pourrait partir, sachant qu'un vin de table banal titre dans les 11 ou 12 degrés, soit 11 ou 12% d'alcool.
Avez vous déjà essayé de mettre le feu à du vin de table ? Ce n'est pas gagné....
Même pour flamber des bananes, on est obligé de chauffer l'assiette pour vaporiser un peu d'alcool, et le titre du spiritueux utilisé est bien supérieur....
Donc la cause est ailleurs, et c'est là qu'intervient l'effet de mèche...

Tout commence avec un fait divers morbide : en Provence, des malfaiteurs assassinent une femme lors d'un cambriolage. Pour effacer à coup sûr, leurs traces, ils décident de mettre le feu, et pour ce faire, ils versent du parfum sur les vêtements de la victime, puis y mettent le feu.
Or, les choses ne se passent pas du tout comme prévu, mais par contre, donnent une bonne explication pour la CHS.
L'accélérateur en brûlant, enflamme la graisse et les vêtements, qui se comportent comme une mèche de bougie alimentée par la graisse du corps. Mais il n'y a pas assez d'alcool et les grandes flammes cessent. La température a été suffisante, la graisse du corps s'enflamme, et donc le phénomène est auto-entretenu, toujours en combustion.
La personne brûle donc, exactement comme une chandelle. Mais rien de magique, la dedans, rien que du tragique.

Et les ossements sont consumés. Comment cela est il possible ? Les spécialistes de la crémation considèrent qu'une température de 900°C est suffisante dans ces condition pour tout brûler à condition que le temps de combustion soit supérieur à 1h30mn.
Et bien entendu, cette température peut être abaissée à condition que la crémation dure plus longtemps. Voilà toute l'explication.
Deux documentaires ont été faits sur ce sujet, le premier reprenant les expériences menées (suite au meurtre cité plus haut) sur des carcasses de porc, et le second sur une personne âgée qui revenait d'un feu d'artifice.
ATTENTION : ces documentaires, quoi que fort bien faits, sont assez déconseillés aux personnes sensibles.

Voilà donc toute l'explication, et l'alcool intervient bien dans la CHS, mais de façon détournée : il augmente notablement les réserves de graisse de ses consommateurs, ou bien, la victime est saoule, voire dans un coma éthylique.
Si on reprend tous les cas de CHS, on retrouve toujours ces constantes, à savoir, une personne replète, seule, une flamme vive avec un accélérateur, et des vêtements ou autres qui vont servir de mèche.
De plus dans tous les cas, il y a eu une suie abondante et les locaux étaient fermés. Une fois une grande partie de l'oxygène brulé, la combustion se fait, intense, mais lente, comme avec des braises.
Là, tout s'explique : les petites flammes qui ne mettent pas le feu partout, la zone brûlée, circonscrite à la zone où a été répandue la graisse liquide, en train de brûler, la crémation des os, l'odeur, etc....
La seule chose positive, c'est que le décès est généralement ante mortem. Le corps qui brûle est donc un cadavre (combustion post mortem) et à ma connaissance, il existe un seul cas de combustion ante mortem : celui d'une femme, institutrice, qui est morte dans ces conditions devant sa propre soeur qui n'a rien pu faire que la voir se consumer.


Les théories vaseuses

Ouvrez bien vos mirettes, c'est la valse du portnawak....
Les premières explications concernaient la foudre en boule. A priori, à part dans les BD de Tintin, et devant le Professeur Tournesol, c'est un cas assez rare...
Ensuite, on a évoqué le "suicide psychique". Théorie qui n'était pas des plus farfelues à priori, puisqu'on avait remarqué que ce phénomène touchait en priorité des femmes âgées, isolées et seules. Mais, bon, c'était aussi choisir la voie de la facilité....
Nous avons aussi les cas d'hyperthermie.... généralement ces phénomènes accompagnent des extases mystiques. Ce n'est pas faux, mais de là à brûler un corps humain....
Dans le même ordre d'idée, comme le phénomène est très ancien, on a parlé, en ces époques obscures de "châtiment divin". Il est vrai que lorsque l'on voit ce qui en est dit sur certains sites à l'époque actuelle, on est enclin à la clémence envers nos ancêtres.
Nous avons aussi l'hypothèse de la "Dissolution physique". Sans commentaire.
Il existait une piste sur la maladie de Stevens-Johnson, qui était une intoxication médicamenteuse provoquant des maladies de la peau, dont les symptômes pouvaient rappeler une CHS....
Une autre théorie que je laisserai de coté, c'est celle du "rayon de la mort". Pour ceux qui sont adeptes de cette théorie, je conseillerai la lecture des livres de Jean Ray racontant les enquêtes de Harry Dickson, et notamment "La mystérieuse lueur verte"....
Certains sont même allés jusqu'à inventer une particule subatomique : le "pyrotron" pour expliquer la CHS. Pourquoi faire simple....
Et enfin, trouvé sur le net, je cite (in extenso, fautes d'orthographe incluses) : " L’hypothèse d’une force inconnue.

Dans certains cas connues de trois combustions spontanées ayant eu lieu la même journée, les enquêteurs ont avancé que ce jours-là, une force inconnue aurait planté sur la terre une sorte de Trident aux pointes de feux.".
Je n'ironise pas sur cette dernière hypothèse, le webmaster de ce site a fait un travail remarquable de collation d'information, et cite même des sources. Mais je m'étonne que sa démarche se soit arrêtée en si bon chemin.


L'argument d'ignorance

On revient maintenant dans le mentalisme. Et du mentalisme utile pour éviter de se faire manipuler.
C'est là que nous allons voir certaines notions dont vous aurez besoin pour plus d'objectivité. L'argument d'ignorance parait quelque chose de compliqué, au premier abord, mais en réalité c'est hyper simple.
En droit, on appelle cela la charge de la preuve. C'est celui qui affirme qui doit prouver l'exactitude de sa théorie.
Or, bien souvent, on inverse, à dessein, bien entendu, cette charge de la preuve, et on suppose que tant qu'on ne peut pas démontrer qu'une chose est fausse... elle est forcément vraie.
Prenez toutes les théories (j'allais dire fumeuses) citées au dessus. Impossible de prouver qu'elles ne sont pas véridiques. Mais elles ne sont pas forcément vraies pour autant...
Je prends le dernier exemple du chapitre précédent.
"Dans certains cas connues de trois combustions spontanées ayant lieu la même journée". Quels sont ces trois cas ? S'ils sont connus qu'on les cite...
A la limite, que prouvent trois CHS ayant lieu le même jour, sinon une coincidence ?
Pareil pour les enquêteurs : qui sont ils ? Quelle est leur légitimité ?
Je continue avec la force inconnue, qui est bien pratique. Quelle que soit la catastrophe, vous pouvez toujours invoquer une force inconnue pour tout expliquer....
Et cette force plante sur la Terre, un trident aux "pointes de feux".
Un sacré Trident, alors, d'autant qu'il aurait fallu calculer si le trident aurait été assez régulier pour toucher trois victimes forcément équidistantes les unes des autres, et alignées (par 3 points, il ne passe qu'un seul plan)...

Gardez toujours votre objectivité et votre esprit d'analyse....
C'est celui qui affirme qui a la charge de la preuve et qui doit prouver ce qu'il avance. C'est la système de base en droit, dans tous les pays du monde, dictatures exclues, bien évidemment....
L'argument d'ignorance est une technique de manipulation qui vise à vous faire accroire que si on ne peut pas prouver que quelque chose est faux, c'est forcément vrai. Ne tombez jamais dans ce panneau.


On vous servira le même discours pour les OVNIs

Tous les gourous, patrons de sectes et autres profiteurs, ou de gentils illuminés appliquent consciemment pour certains et inconsciemment pour d'autres.
Le discours sera toujours du style "prouve moi que les OVNIs n'existent pas".
Ben désolé les gars, mais ça ne marche pas comme ça....
Prouve moi que les OVNIs existent, et après je te ferai des excuses. Ceci étant, le fait que l'on ne puisse pas prouver que les OVNIs n'existe pas n'implique pas forcément qu'ils n'existent pas...
Je ne sais pas s'il y en a encore qui suivent, mais si oui, vous avez bien compris le principe.


Vous pouvez laisser des commentaires.....

jeudi 19 mars 2015

Tout sur Sherlock Holmes



Un petit article en passant sur une de mes idoles : Sherlock Holmes.

Il faut savoir que Sherlock Holmes est un véritable précurseur : il a posé à l'époque Victorienne les principes de la forensique, l'étude scientifique des scènes de crime, dont les règles sont encore suivies de nos jours....
Plutôt incroyable, non ?

De fait, la littérature sur le sujet est abondante et le pire y côtoie le meilleur.

C'est pour cette raison que je voulais vous parler du livre "Sherlock Holmes - Détective Consultant" par John Bastardi Daumont.

Daumont est un illusioniste et un mentaliste de haut niveau et accessoirement ;-) un avocat qui a commencé sa carrière à Nice avec le Procureur Eric de Montgolfier. Bref, une référence. 
Nous reparlerons de lui et de ses livres dans de futurs articles.

Pour en revenir à Sherlock Holmes, il est le père de la méthode déductive (on part des faits pour en déduire ce qui s'est passé) et s'oppose à la méthode inductive (on "comprend" ce qui s'est passé et on recherche les preuves matérielles de la justesse du raisonnement, comme le Chevalier Dupin par exemple), qui est beaucoup plus difficile et complexe à utiliser dans la résolution de crimes.

Si cela vous intéresse, je ferai prochainement un article sur ce sujet, pour expliquer les différences et les avantages / inconvénients de chacune des deux méthodes.

Ce livre est une référence. Pour les débutants, certes, mais pour les spécialistes de Sherlock Holmes, c'est aussi une référence, car il fait bien le tour du sujet, sur tous les aspects environnementaux de Holmes. Il décrit bien la totalité du mythe.

On peut lui reprocher de ne pas assez s'intéresser à la "méthode" Sherlock Holmes, ni à l'aspect psychologique, mais il s'agit d'un ouvrage généraliste qui fait véritablement le point sur l'impact de Sherlock Holmes dans la conception actuelle de chaque individu des méthodes policières d'investigation, et sur son apport réel aux sciences forensiques. 
On y parle donc du Professeur de Doyle, Joseph Bell, qui est le "modèle" véritable de Holmes, qui a formé Doyle à sa méthode déductive et de la série télévisée qui lui est consacrée et qui met en lumière ses apports sur le raisonnement déductif à Doyle.

Il reprend aussi les véritables avancées scientifiques du moment et les personnes comme Bertillon ou Locard (deux français, Cocorico) qui ont été les "pères" des méthodes d'investigations actuelles, en corroborant la méthode de Sherlock Holmes (c'est pour cela que Horatio Caine, expert à Miami parle régulièrement de Locard).

Le personnage fictif de Sherlock Holmes est donc bien relié à tout son environnement et c'est une mine d'information, bien illustrée et bien documentée.

Visiblement l'auteur est cinéphile et comme je le suis aussi, c'est un régal de lire les extensions du mythe au cinéma ou à la télévision, et les appréciations de l'auteur qui les relie (et analyse cette relation) au Canon original de Conan Doyle.

Le livre se lit facilement et donnera véritablement à ceux qui découvrent Sherlock Holmes ou a ceux qui le connaissent déjà bien et qui connaissent le Canon de Conan Doyle une restitution en perspective complète de leur héros.

J'ai adoré ce livre et je l'ai lu en 2 jours. J'espère seulement que John Bastadi Daumont continuera sur sa lancée et écrira un ouvrage sur la méthode Sherlock Holmes et un autre sur sa psychologie... en complément de celui-ci.

L'avenir nous le dira....